À propos du diagnostic d’autisme, réponse à Josef Schovanec

Le Graaf se positionne par rapport au problème de surdiagnostic soulevé dans deux articles : Josef Schovanec : Autisme adulte, trop de diagnostics abusifs, 28 février 2020 et Sciences et Vie : Hyperactifs, surdoués, autistes… La tentation du surdiagnostic, 23 avril 2020.

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3 réflexions sur “À propos du diagnostic d’autisme, réponse à Josef Schovanec”

  1. Votre propos est modéré et je suis d’accord avec votre point de vue. Je vais vous relater un exemple qui va dans le sens de Josef Schovanec mais qui ne saurait être le reflet d’une réalité généralisée.
    Dans mon département, je connais une jeune femme de 36 ans qui, selon moi, a reçu un diagnostic abusif. Voici son parcours diagnostic : test psychométrique avec neuropsychologue spécialisée TSA : le test ne montre aucun trait caractéristique du fonctionnement autistique.
    Ensuite, test ADI en compagnie de sa mère avec un psychiatre compétent du CRA, psychiatre expérimenté et compétent dans le diagnostic d’autisme : le psychiatre lui refuse le diagnostic, rien de concluant selon lui. La patiente fait une crise de nerfs dans son bureau, pleure etc. car elle veut absolument le diagnostic de TSA. Le psychiatre ne cède pas.
    Cette patiente se tourne ensuite vers une psychiatre en libéral qui n’a pas pour habitude de faire des diagnostic de TSA mais qui a envie de se lancer. BOUM ! « Ok, madame, je vous diagnostique autiste asperger ». Se rendant compte de son manque d’expérience et peut-être de son erreur, la psychiatre cesse rapidement de faire des diagnostics d’autisme et poursuit son activité de psychiatre classique.
    Mais la patiente se déclare désormais autiste, est très contente de ce diagnostic qu’elle avait préparé de longue date et obtenu à force d’insistance. Je connais cette patiente, je n’ai jamais remarqué le moindre intérêt spécifique chez elle (même si elle clame qu’elle a tel et tel intérêt restreint, elle n’en parle jamais), je n’ai jamais remarqué non plus la moindre difficulté en société, avec les autres ou en face à face. Elle a même une capacité impressionnante à s’exprimer en public.
    Cette patiente était certainement en quête de sens et avait besoin de ce diagnostic pour affirmer son identité (pour elle-même et auprès des autres). Probablement qu’elle va mieux depuis qu’elle a obtenu son diagnostic.
    Je n’ai pas la preuve que cette personne n’est pas autiste, peut-être est-elle à l’extrémité du spectre, mais selon moi, son autisme n’a jamais constitué un handicap tel que celui-ci est défini dans la loi. Je pense donc qu’il s’agit d’un diagnostic abusif. Je vais provoquer des réactions hostiles probablement mais cela m’énerve au plus haut point car ces gens donnent une fausse image des difficultés des autistes (car ils ne le sont pas justement !). La patiente en question fréquente un groupe de personnes autistes, proclame haut et fort son diagnostic. Après ça, comment voulez-vous que le grand public y comprennent quelque chose ? Le risque est que la société minimise les difficultés et le handicap réel des personnes asperger. « Oh, t’es autiste ? C’est vraiment pas grand chose ! J’en connais des Asperger, ils n’ont aucun problème dans la vie ! Allez bouge-toi et fais un effort ! »
    Voilà ce que nous risquons à cause de ces diagnostics abusifs.
    Josef Schovanec a mis les pieds dans le plat et il a eu raison ! Du fait de sa médiatisation, au moins, le sujet est abordé et largement relayé.
    Amicalement

    Caro

    1. Bpnjour
      Entierement d accord avec vous. Josef a tres bien fait d en parler.. c est un reel probleme. Après, il faut aussi penser aux personnes réellement autistes et qui en prennent conscience maintenant.. bref c est un sujet vraiment complexe

  2. La question est délicate car en criant « il y a trop de surdiagnostics », on craint d’augmenter encore les sous-diagnostics qui sont encore une réalité. Le problème, c’est que les surdiagnostics existent (exemple en commentaire ci-dessus, j’ai le même ressenti avec plusieurs personnes dont simplement un « diagnostic » psychologue » sans vrais tests et sans validation psychiatre au fait du sujet) et que ces surdiagnostics nuisent à l’adaptation aux vrais autistes… Il suffirait de vouloir pour pouvoir. Pour une vraie autiste, la réalité est loin d’être aussi simple et un nouveau parcours de combattant s’engage. Je pense que c’est pourquoi plusieurs voix s’élèvent. Quant au carré magique, je vous rejoins : par exemple, un travail si la personne le créé elle-même ou si elle est dans des conditions optimales n’a pas le même signification qu’un travail au contact constant du public et avec des attentes extérieures.

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